Barbie : une poupée iconique aux mensurations irréalistes, quel impact sur les enfants
Depuis plus de 65 ans, Barbie fascine et divise. Commercialisée par Mattel, cette poupée au corps standardisé et stéréotypé est un jouet incontournable pour des millions d’enfants. Mais avez-vous déjà pris le temps d’observer ses proportions ?
Barbie : un modèle féminin controversé
Dès que l’on déshabille une Barbie, certaines caractéristiques frappent :
– Une taille extrêmement fine, irréaliste pour une femme réelle
– Des jambes longues et fines, toujours prêtes pour des talons
– Un maquillage permanent et impeccable
💡 Ces caractéristiques influencent-elles l’image du corps chez les enfants ?
Cela ne vous a-t-il jamais choqué, en déshabillant votre Barbie ou celle de votre enfant, de voir sa taille irréaliste ? De voir que ses pieds sont moulés pour des escarpins ? Son maquillage omniprésent ? Cela représente-t-il la femme, la vraie ? Vous retrouvez-vous dans cette poupée ? Quel message comprend l’enfant qui joue avec une Barbie ?
Une image du corps féminin biaisée
Pour François Marty, psychologue, psychanalyste et professeur des universités à Paris Descartes, Barbie « n’est pas un jouet toxique mais un jouet réducteur, standard et qui manque de diversité»
« Leurs chaussures à talons et leurs décolletés plongeants traduisent davantage le fantasme des adultes de ce que serait ou devrait être la femme ».
«Le danger se situe dans la représentation de la construction du corps féminin, explique François Marty. Une étape qui intervient plutôt à l’adolescence, au moment où le corps change et se forme. Barbie, mais aussi les top model et stars de cinéma peuvent alimenter la haine de ce corps en changement chez les adolescentes, car il ne ressemble pas à ce que l’on voit dans les défilés de mode.»
Voilà le risque que représente la présence des Barbies dans la vie de nos enfants : un rejet de leur corps qui ne ressemble ni aux Barbies, ni aux femmes dans les publicités, ni aux femmes présentes sur les couvertures de magazines ou encore aux stars de cinéma.
De plus, l’un des messages de Barbie est : quand on est une femme, il faut mettre des talons et (beaucoup) se maquiller. C’est un peu réducteur et sexiste à mon goût…
Une évolution vers plus de diversité
Barbie n’a heureusement pas que des défauts car elle permet à un certain niveau de se raconter des histoires, de développer son imagination, de jouer avec des copains, avec papa et maman. Côté emploi, qui peut se vanter aujourd’hui d’avoir une telle flexibilité, de telles compétences et de telles opportunités ? Barbie a une carrière plutôt honorable et beaucoup d’amis. Elle est douce, gentille et toujours de bonne humeur.
Face aux critiques, Mattel a fait évoluer Barbie en introduisant des modèles plus variés :
– Barbie « Curvy », avec des formes plus réalistes
– Barbie aux différentes carnations de peau et couleurs de cheveux
– Des poupées en fauteuil roulant ou avec une prothèse
Ces nouvelles Barbies permettent aux enfants de s’identifier à des poupées plus proches de la réalité. Un progrès, mais suffisant ?
Le rôle des parents : accompagner et expliquer
Il est évidemment difficile pour les parents de se soustraire à l’achat de ce jouet «traditionnel». Alors comment faire pour protéger nos enfants des messages réducteurs et sexistes que Barbie peut transmettre ?
La solution est dans l’échange, dans la communication et le partage. Oui, les enfants comprennent tout.
Il est donc primordial que les parents prennent le temps de jouer avec leurs enfants et qu’ils en profitent pour discuter, échanger autour du jouet utilisé. Il est par exemple important d’expliquer à son enfant que les proportions de la Barbie traditionnelle ne sont pas réalistes. Comme il est important d’expliquer que les mannequins représentent une part minoritaire de la société et que la plupart des femmes ont des formes, et que c’est très bien ainsi !
Conclusion : Barbie, un jouet à accompagner intelligemment
Barbie a marqué des générations, mais son influence sur l’image du corps et les stéréotypes de genre mérite une réflexion. Grâce à l’évolution du jouet et à une éducation bienveillante, les enfants peuvent s’amuser avec Barbie tout en développant une vision plus réaliste et positive d’eux-mêmes.
Ce qui compte, au fond, c’est que les filles soient fières de leur genre et de leur corps et ce, peu importe le jouet avec lequel elles s’amusent.
Pour finir, je dirai qu’il faut laisser aux enfants le choix du type de poupées avec lesquelles ils vont pouvoir jouer tout en les accompagnant dans ce choix.
Barbie est présente depuis longtemps et n’est pas prête de disparaître, à nous d’accompagner l’enfant dans la compréhension de ce qu’elle représente.
Louise Payet, 2019