Depuis la loi du 4 juillet 2001, le Code de l’éducation prévoit au moins trois séances annuelles d’information et d’éducation à la sexualité dans les écoles, collèges et lycées.
Depuis la rentrée 2025, un programme national structuré a été mis en place avec des contenus définis et adaptés à chaque âge : l’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) à l’école maternelle et élémentaire, et l’EVARS (S pour sexualité) au collège et au lycée.
Mais concrètement, que signifie faire de l’EVAR avec des enfants de 3 à 6 ans ?
Corps, émotions, intimité, relations avec les autres, accord et refus, limites… Il s’agit avant tout de partir de situations que les jeunes enfants rencontrent déjà dans leur quotidien.
Depuis la rentrée 2025, un programme national d’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) est mis en œuvre à l’école maternelle et élémentaire. (éduscol)
Et lorsqu’on entend parler d’EVAR dès la maternelle, une question revient souvent chez les parents comme chez les professionnels : de quoi parle-t-on réellement avec des enfants de 3 à 6 ans ?
À cet âge, il ne s’agit pas d’aborder avec les enfants des notions qui ne seraient pas adaptées à leur développement. Le ministère distingue d’ailleurs l’EVAR du premier degré de l’EVARS du collège et du lycée : en maternelle et en élémentaire, les questions liées à la sexualité ne sont pas abordées. (Ministère de l’Education nationale)
On parle en revanche de choses qui font déjà partie de leur quotidien : leur corps, leurs émotions, leurs relations avec les autres, leur intimité, leurs limites…
Qu’est-ce que l’EVAR en maternelle ?
EVAR signifie Éducation à la Vie Affective et Relationnelle.
Le programme s’organise autour de trois grands axes : apprendre à se connaître et grandir sereinement avec son corps, construire des relations respectueuses avec les autres et trouver progressivement sa place dans la société.
Concrètement, dès la maternelle, les enfants peuvent apprendre à :
- mieux connaître et nommer leur corps ;
- reconnaître et exprimer ce qu’ils ressentent ;
- découvrir la notion d’intimité ;
- exprimer un accord ou un refus ;
- comprendre et respecter le refus de l’autre ;
- respecter leur corps et celui des autres ;
- identifier des adultes de confiance vers lesquels se tourner en cas de problème.
L’EVAR part donc avant tout de situations très concrètes de la vie quotidienne.
Corps, intimité et limites : des apprentissages qui commencent dans le quotidien
Parler du corps avec un jeune enfant peut commencer simplement en lui permettant de connaître le vocabulaire des différentes parties de son corps.
Bras, jambes, ventre, fesses, vulve, pénis…
Nommer correctement le corps permet à l’enfant de mieux le connaître, mais aussi de pouvoir parler plus précisément de ce qu’il ressent ou de ce qui lui arrive.
La notion d’intimité peut elle aussi être découverte à travers des situations très ordinaires : aller aux toilettes, s’habiller, se déshabiller, prendre son bain ou recevoir un soin.
Et les limites peuvent s’explorer dans les interactions quotidiennes :
« Tu veux un câlin ? »
« Est-ce que je peux m’asseoir à côté de toi ? »
« Tu veux me donner la main ? »
Ce sont d’ailleurs des exemples de situations utilisés par l’Éducation nationale pour travailler l’accord et le refus.
L’enfant découvre progressivement qu’il peut exprimer un OUI, un NON, un STOP, parfois ne pas savoir, et aussi changer d’avis.
Mais il me semble essentiel de ne pas s’arrêter à « apprendre à l’enfant à dire non ». L’autre aussi peut dire non.
Si un enfant ne souhaite pas faire un câlin, être chatouillé ou donner la main, sa limite doit elle aussi être entendue.
L’EVAR permet donc également d’apprendre à entendre et respecter les limites des autres.
Les émotions ont aussi toute leur place
Reconnaître ses propres limites suppose aussi, progressivement, d’apprendre à identifier ce qui se passe en soi.
Est-ce que je suis à l’aise ?
Est-ce que j’ai peur ?
Est-ce que je suis triste ?
Est-ce que cette situation me plaît ?
Le jeune enfant est encore en plein apprentissage émotionnel. L’adulte peut l’accompagner pour mettre des mots sur ses ressentis, sans pour autant décider systématiquement à sa place de ce qu’il ressent.
Corps, émotions, ressentis et relations sont ainsi étroitement liés.
Informer l’enfant, sans lui faire porter la responsabilité de sa protection
L’EVAR participe également à la prévention des violences. Le programme prévoit notamment que les enfants apprennent progressivement à identifier un adulte de confiance vers lequel se tourner en cas de problème.
C’est essentiel. Mais il faut, à mon sens, garder une nuance fondamentale.
Apprendre à un enfant à dire NON, à identifier une situation inconfortable ou à demander de l’aide ne signifie jamais qu’il devient responsable d’empêcher une violence.
Un enfant peut connaître toutes les règles que nous lui avons enseignées et être malgré tout victime d’un adulte ou d’un autre enfant.
Il n’en sera jamais responsable.
C’est pourquoi j’aime rappeler cette phrase :
Informer l’enfant : OUI.
Lui faire porter la responsabilité de sa protection : JAMAIS.
La responsabilité de protéger les enfants reste celle des adultes et des institutions.
Mon corps, mes limites et moi : un carnet d’activités pour les 3-6 ans

C’est autour de ces questions que j’ai créé Mon corps, mes limites et moi, un carnet d’activités destiné aux enfants de 3 à 6 ans, à découvrir accompagné d’un parent ou d’un adulte de confiance.
À travers plus de 30 pages, les enfants peuvent explorer de manière ludique et adaptée à leur âge :
- le corps et son vocabulaire ;
- les émotions et les ressentis ;
- l’intimité ;
- leurs propres limites ;
- le respect des limites des autres ;
- le OUI, le NON, le STOP et le « je ne sais pas » ;
- le droit de changer d’avis ;
- les secrets ;
- les adultes de confiance ;
- la possibilité de demander de l’aide.
Le carnet comporte également des pages destinées aux adultes, parce qu’accompagner l’enfant autour de ces sujets nécessite aussi de questionner nos propres mots, nos gestes et notre posture.
Il peut ainsi constituer un support pour ouvrir le dialogue autour de ces sujets, à la maison comme dans un cadre professionnel ou éducatif.
Mon corps, mes limites et moi
Un carnet illustré et ludique pour accompagner les enfants dans la découverte de leur corps, de leur intimité et de leurs limites.
À travers des activités et des échanges, ils apprennent à exprimer leurs choix, à dire NON ou STOP, à respecter les limites des autres et à identifier les adultes de confiance.
NB : Le carnet est actuellement en cours d’impression. Il sera très prochainement expédié aux personnes l’ayant précommandé. Merci pour votre patience et votre soutien ! 🤎
Envie d’aller plus loin ?
Découvre également le
Coffret Intimité
et ses ressources complémentaires.
NB : Le carnet est actuellement en cours d’impression. Il sera très prochainement expédié à toutes les personnes l’ayant précommandé. Merci encore pour votre patience et votre soutien !
L’EVAR ne se résume pas à quelques séances
L’école a désormais un programme et des ressources dédiées à l’EVAR, notamment des livrets pédagogiques par niveau ; Éduscol propose depuis 2026 un livret spécifique pour les enfants de moins de 4 ans.
Mais ces apprentissages se construisent aussi dans le quotidien des enfants.
Lorsque nous respectons une limite. Lorsque nous mettons des mots sur une émotion. Lorsque nous préservons l’intimité pendant un soin. Lorsque nous montrons que le NON de l’autre compte également.
Parler du corps, de l’intimité et des limites dès le plus jeune âge, ce n’est pas donner aux enfants des préoccupations d’adultes.
C’est leur donner des mots et des repères adaptés à leur âge pour comprendre ce qu’ils vivent déjà.
Louise Payet, 2026