L’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur est un événement important dans la vie d’un enfant. Si cette nouvelle peut susciter de la joie et de l’excitation, elle peut également faire naître des émotions plus difficiles comme la jalousie, la peur, la colère ou l’inquiétude. Ces réactions sont normales : l’enfant voit son quotidien changer et peut se demander quelle sera désormais sa place dans la famille. En tant qu’adulte, notre rôle n’est pas d’empêcher ces émotions, mais d’accompagner l’enfant avec bienveillance afin qu’il puisse traverser cette étape en confiance.
Comment préparer l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur ?
- Parler du bébé avant sa naissance : dès que cela est possible, il est intéressant de parler du futur bébé à l’enfant avec des mots simples et adaptés à son âge. Vous pouvez lui expliquer qu’un bébé va rejoindre la famille, lui montrer des photos de lui lorsqu’il était bébé ou lire ensemble des livres sur l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Il n’est pas nécessaire de présenter cette arrivée comme quelque chose de merveilleux à tout prix. Il est préférable d’être honnête : un bébé demande beaucoup de temps et d’attention, il pleure parfois, dort beaucoup et ne pourra pas jouer immédiatement avec lui. Des explications réalistes permettent à l’enfant de construire des attentes plus adaptées à la réalité.
- Préserver les habitudes de l’enfant : l’arrivée d’un bébé entraîne souvent de nombreux changements. Pourtant, les routines quotidiennes sont rassurantes pour les enfants. Lorsque cela est possible, il est préférable de conserver certains repères : les horaires habituels, les rituels du coucher, les moments de jeu ou encore les activités appréciées par l’enfant. Si des changements sont inévitables, comme un déménagement ou un changement de chambre, il est souvent préférable de les anticiper plusieurs semaines avant l’arrivée du bébé afin que l’enfant ne les associe pas directement à son petit frère ou à sa petite sœur.
Que se passe-t-il pour l’ainé.e ?
« Est-ce que je continue d’exister ? Est-ce que je vais avoir encore une place importante pour mes parents ? »
L’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur n’est pas anodine. Cela bouleverse le quotidien de la famille, et particulièrement celui de l’ainé/e, qui avait jusque là toute l’attention de ses parents.
Voici quelques conseils pour accompagner au mieux cette magnifique nouvelle place de grand frère/ grande sœur :
Accueillir ses ressentis et ses émotions
L’enfant peut ressentir de la joie, de la curiosité, mais aussi de la colère, de la tristesse ou de la jalousie. Toutes ces émotions sont légitimes. Elles ne signifient pas qu’il n’aime pas son frère ou sa sœur. Lorsqu’un enfant exprime son mécontentement ou son opposition, il a surtout besoin d’être entendu. Plutôt que de minimiser ses émotions (« Tu devrais être content ») ou de le culpabiliser (« Regarde tout ce qu’on fait pour toi »), nous pouvons reconnaître ce qu’il ressent : « Tu aimerais avoir plus de temps avec moi », « C’est difficile de partager papa ou maman en ce moment ».
- Dites-lui que vous l’aimez autant qu’avant et autant que le nouveau bébé. Faites comprendre à votre enfant qu’il est normal qu’il ne ressente pas toujours de l’amour envers le nouveau-né, en lui expliquant que cela viendra petit à petit. Laissez votre aîné/e créer des liens avec le bébé. Attirez son attention sur la façon dont son frère/sa sœur réagit aux voix, aux grimaces, aux câlins…
- Lisez-lui des histoires à propos de familles qui viennent d’accueillir un bébé, et parlez ensemble des sentiments que cette naissance éveille chez lui/elle.
- Laissez votre aîné/e vivre comme un enfant de son âge. Ce n’est pas parce qu’il/elle est devenu/e le/a plus grand/e qu’il faut lui demander de penser en « grand ». Permettez-lui de rester petit/e.
- Laissez-le/a exprimer ses émotions de tristesse ou de colère, mais dites-lui que vous n’accepterez aucun geste violent envers le bébé.
Quelques idées pour accompagner cette transition
- Donnez à votre aîné/e des responsabilités pour qu’il/elle sente qu’il/elle a un rôle à jouer. Par exemple, demandez-lui d’aller chercher un bavoir pour le bébé. Montrez-lui comment porter le bébé d’une manière sécuritaire.
- Offrez-lui une poupée avec des vêtements afin qu’il/elle puisse vous imiter lorsque vous vous occupez de votre nouveau-né.
- Soulignez l’importance de son nouveau rôle en tant que grand frère/ grande sœur. Dites aux autres, devant votre aîné/e, à quel point celui-ci/celle-ci vous aide à vous occuper du bébé. Toutefois, ne le/la complimentez pas seulement sur ce sujet.
- Essayez de passer du temps avec votre aîné/e, en tête à tête. Parlez ensemble, cajolez-le/a, participez à son activité préférée… Rappelez-vous que le plus important n’est pas de lui consacrer beaucoup de temps, mais plutôt de passer avec lui/elle un temps de qualité, où vous êtes entièrement disponible. Il/elle sera ainsi rassuré/e de l’amour que vous lui portez.
- Le père peut consacrer plus de temps à l’aîné/e lorsque la mère doit prendre soin du nouveau-né. Il peut s’agir aussi des grands-parents ou d’autres membres de la famille. L’important est que votre aîné/e ne se sente ni isolé/e ni rejeté/e.
- Faites des activités en famille. Par exemple, vous pouvez aller au parc, cueillir des pommes ou faire une promenade. Même si le bébé n’est pas un participant actif et qu’il demeure dans le porte-bébé tout au long de l’activité, cela renforce le sentiment d’appartenance à la famille.
- Lisez des livres ensemble. Faites participer toute la famille à cette activité. Que chacun choisisse son livre préféré et sélectionnez-en un pour le bébé.
- Laissez votre enfant jouer avec le bébé sous votre supervision. Il peut agiter un hochet pour attirer son attention, jouer à « coucou » avec une couverture, se coucher à côté de lui ou babiller avec son petit frère/ sa petite sœur. Ils développeront ainsi un lien affectif.
- Laissez votre enfant être affectueux avec le bébé en votre présence. Il/elle peut le prendre, lui faire des câlins, lui donner des bisous et le caresser. Faites-lui remarquer la réaction du bébé lorsque les gestes sont faits avec douceur.
- Évitez les comparaisons entre les enfants, même lorsqu’elles semblent positives. Chaque enfant a besoin de se sentir aimé pour ce qu’il est et non en comparaison de son frère ou de sa sœur.
Louise Payet, 2022
Mis à jour en 2026